La timidité c’est le mal des héros.” Alain, Les idées et les âges.

Est-ce que vente et timidité sont compatibles?

Est-ce que vente et timidité sont compatibles?

Mains moites, gorge nouée, visage tout rouge, bégaiements… vous connaissez? C’est bien la timidité. Au premier abord, on pourrait se demander s’il est possible de travailler dans la vente lorsqu’on est timide. On dit toujours que les vendeurs qui réussissent ont la tchatche, sont extravertis et très à l’aise avec les personnes. Voici mon témoignage de vendeuse timide!

J’ai toujours été timide, terrorisée et angoissée du fait de devoir sortir de chez moi, de parler ou de téléphoner à des gens. Malgré ma timidité, j’ai pratiquement toujours postulé pour des emplois au contact avec les personnes. Peut-être que je voulais me faire une sorte de thérapie à travers le travail. Bref, je suis devenue vendeuse. J’étais pleine de bonne volonté mais le début a été très difficile. J’ai dû m’intégrer dans une équipe, apprendre des tas de nouvelles choses et m’habituer à mon nouveau lieu de travail. Mais ce qui me faisait le plus peur, c’était d’approcher les clients. Qu’est-ce que je vais leur dire? Et s’ils me parlent? Qu’est-ce que je dois répondre? Et si je ne sais pas répondre? Si je me trompe de mots (vu que je travaille en Italie)? Mille questions qui tourbillonnaient dans ma tête. Panique à bord!

Une chose qui nous aide beaucoup, nous les timides, c’est la préparation. Du coup, j’ai passé des heures et des heures à étudier tous les produits par coeur. Cela me rassurait énormément de savoir de quoi je parlais. J’ai eu de la chance d’avoir une bonne formation et d’entrer dans une entreprise sérieuse. On m’avait dit: “si tu ne sais pas la réponse, n’invente pas mais demande à un collègue plus expérimenté.” Heureusement car les clients auraient tout de suite vu sur mon visage “youhou je suis en train de mentir”. Les premiers entretiens n’étaient pas terribles mais peu à peu j’ai pris confiance en moi. J’étais obligée d’aller vers les clients pour pouvoir garder mon emploi, ça motive! Je savais les caractéristiques des produits mais cela ne suffisait pas.

Il fallait que je calme ma petite voix intérieure qui continuait à me répéter: tu vas rougir, tu vas bafouiller, tu ne vas pas savoir répondre… J’ai beaucoup travaillé sur la respiration. C’est très utile pour se détendre et pour mieux gérer sa voix (adieu aux bégaiements et bafouillages). J’ai mieux géré mon stress et j’ai réussi des exploits comme parler avec un client difficile ou même téléphoner. Je sais que cela peut paraître absurde mais cela me posait de gros problèmes. Avant d’agir, il suffit de faire trois longues inspirations par le nez en gonflant le ventre et trois longues expirations toujours par le nez en dégonflant le ventre. Simple et efficace!

C’est lors d’une formation de l’entreprise que j’ai compris une chose fondamentale: pour faire de bonnes ventes, il faut poser des questions et surtout écouter les réponses. Ecouter? Je sais faire ça! J’ai passé toute ma vie à écouter les autres puisque je ne parlais pas! J’ai toujours pensé que la timidité était une faiblesse, alors qu’en vérité c’est une force considérable. Dans ce monde en constante agitation, nous avons le pouvoir d’écouter. Ecouter vraiment l’autre, pas seulement avec ses oreilles, c’est aussi l’observer et le comprendre. La plupart des personnes n’écoutent pas car elle attendent seulement de pouvoir répondre! Saviez-vous que pour faire un bon entretien de vente le client doit être amené à parler 80% du temps et le vendeur seulement 20% ? Incroyable! C’est fini le mythe du vendeur qui monopolise l’entretien de vente! En posant des questions et en écoutant attentivement les réponses, le vendeur a la capacité de sélectionner avec soin les produits qui répondent aux désirs du client et de conclure la vente plus facilement en étant très professionnel.

Ce n’est pas tout, nous avons une profonde sensibilité qui se voit ou qui se ressent. Ce côté humain donne envie au client de nous faire confiance. L’important c’est d’être soi-même, avec sa propre personnalité. Imiter les autres vendeurs nous fait sentir encore plus mal à l’aise car nous ne sommes pas en accord avec nous-même.

En me concentrant sur le client et sur ses besoins, j’ai réussi à diminuer énormément les “symptômes” de ma timidité. D’autre part, le client se sent unique et important car je m’intéresse vraiment à lui. Je construis une relation privilégiée basée sur la confiance et sur l’échange. Pendant l’entretien de vente, il arrive souvent que nous parlions d’autres choses que du produit (par exemple de tortues… alors que je travaillais dans un magasin de meubles). L’important c’est de trouver des points communs entre nous et le client et de créer une connexion. J’ai changé ma façon de voir la vente: c’est devenu une vraie passion pour mes produits, pour mes clients et pour ce que je peux leur apporter pour améliorer leur vie. J’ai le sentiment de contribuer à bâtir un monde meilleur à mon échelle.

Je me suis épanouie professionnellement et j’ai fait carrière. Alors oui, on peut devenir un Top Vendeur en étant timide et en se dépassant! C’est même comme une thérapie, je suis devenue de moins en moins timide!

L’idée c’est de se lancer même si ce n’est pas parfait au début. Après chaque entretien de vente, analysez votre performance, ce qui allait bien et ce que vous devez améliorer pour progresser. Vous verrez que plus vous vendrez, plus cela deviendra naturel et simple! L’expérience sur le terrain, c’est ce qu’il y a de mieux. C’est en vendant qu’on devient vendeur! Maintenant il ne me reste plus qu’à travailler sur ma timidité en dehors du travail! 😛

Je pourrais écrire un livre sur la timidité mais je vais m’arrêter là pour cet article! 😀 J’espère que ce témoignage pourra vous aider à vous plonger dans le fabuleux monde de la vente! Je sais que vous pouvez le faire vous aussi! J’ai confiance en vous! Racontez-moi vos expériences ou posez-moi vos questions dans les commentaires ci-dessous! J’ai hâte de vous lire! A très bientôt et bonnes ventes!